
La plupart des échecs thérapeutiques naissent d’une erreur fondamentale : confondre la demande initiale du patient avec son besoin réel.
- Votre désir d’arrêter de fumer n’est souvent pas une fin en soi, mais le symptôme d’un besoin social ou identitaire non comblé.
- Un objectif efficace n’est pas celui qui est « intelligent » (SMART), mais celui qui résonne avec vos valeurs profondes et respecte l’équilibre de votre vie (SMART-ES).
Recommandation : Avant de vous lancer, prenez le temps de décontaminer votre objectif pour vous assurer qu’il est bien le vôtre, et non celui délégué par votre entourage.
Vous arrivez en consultation avec une phrase en tête : « Je veux arrêter de fumer », « Je veux aller mieux », « Je dois perdre du poids ». Cette demande, claire en apparence, est souvent la partie visible d’un iceberg complexe. Vous avez peut-être déjà essayé des méthodes classiques, défini des objectifs « SMART » comme on vous l’a conseillé, sans succès durable. La frustration s’installe, et le risque est grand de conclure que « ça ne marche pas pour moi ». Cette insatisfaction est la conséquence directe d’un malentendu fondamental entre vous, votre thérapeute, et votre propre inconscient.
L’approche habituelle se concentre sur le symptôme : la cigarette, le mal-être, les kilos. On vous propose des outils pour gérer le « comment » sans jamais avoir véritablement validé le « pourquoi ». Cette démarche, bien qu’intentionnée, ignore une dynamique essentielle : la demande initiale est souvent un « symptôme social », une réponse formatée à une pression interne ou externe, un désir de reconnaissance, ou une tentative de résoudre un conflit qui n’est pas le vôtre. Mais si la véritable clé n’était pas de traiter votre demande de front, mais de la questionner pour révéler le besoin authentique qui se cache derrière ?
Cet article propose un changement de paradigme. Nous n’allons pas vous donner une nouvelle méthode miracle, mais un cadre de questionnement pour devenir le co-architecte de votre thérapie. Nous explorerons comment déconstruire votre demande initiale pour identifier vos motivations profondes, comment transformer une intention vague en un projet de vie concret et mesurable, et comment vous assurer que le changement que vous visez est véritablement le vôtre. L’objectif est de vous donner les clés pour construire une alliance thérapeutique solide et poser les fondations d’un changement qui soit non seulement atteignable, mais surtout, durable et écologique pour vous.
Pour vous guider dans cette démarche de clarification essentielle, cet article est structuré pour vous accompagner pas à pas. Du décryptage de votre demande initiale à la co-construction de votre protocole, chaque section est une étape vers une thérapie plus consciente et efficace.
Sommaire : Clarifier votre véritable objectif thérapeutique au-delà des apparences
- Pourquoi votre demande d’arrêter de fumer cache peut-être un besoin de reconnaissance ?
- Comment passer de « je veux aller mieux » à un objectif concret atteignable en 8 semaines ?
- Résultat rapide ou changement durable : quel besoin prioriser pour votre thérapie ?
- L’erreur qui condamne votre thérapie : travailler sur l’objectif de votre conjoint pas le vôtre
- Quand redéfinir vos objectifs thérapeutiques après 4 séances ?
- Comment définir vos 3 objectifs thérapeutiques prioritaires avant votre première séance ?
- Comment créer votre grille d’auto-évaluation hebdomadaire pour mesurer vos progrès ?
- Comment l’individu co-construit son protocole thérapeutique pour des résultats sur-mesure ?
Pourquoi votre demande d’arrêter de fumer cache peut-être un besoin de reconnaissance ?
La demande d’arrêter de fumer est un classique en cabinet. Mais est-ce vraiment la cigarette, le problème ? Ou est-ce le rituel social qu’elle représente ? La « pause clope » est souvent un moment de socialisation informelle, un prétexte pour échanger avec des collègues, pour prendre l’air, pour marquer une coupure. C’est un acte social fort. En France, ce rituel peut représenter un temps considérable, et des chiffres révélateurs montrent que cela peut aller jusqu’à 1h46 par semaine, l’équivalent de près de trois semaines de travail par an pour un salarié. Derrière le geste de fumer se cache donc souvent un besoin bien plus profond : celui de l’appartenance, de la reconnaissance, ou de la gestion du stress dans un cadre professionnel.
Plutôt que de voir la cigarette comme l’ennemi à abattre, il est plus constructif de la considérer comme un symptôme social. Qu’est-ce que ce rituel vous apporte que vous ne trouvez pas ailleurs ? Est-ce la seule façon de vous sentir intégré ? Est-ce un moyen de vous affirmer face à une hiérarchie ? En questionnant la fonction de la cigarette plutôt que sa toxicité, on ouvre la porte à la découverte du véritable besoin. Votre demande « d’arrêter de fumer » pourrait se traduire par « je veux apprendre à créer du lien autrement » ou « j’ai besoin de trouver des stratégies saines pour gérer ma charge mentale ».
Cette distinction est capitale. Travailler sur l’arrêt du tabac seul, c’est risquer de vous priver d’un mécanisme social sans rien proposer en remplacement, ce qui mène souvent à la rechute ou au déplacement du symptôme. En revanche, travailler sur le besoin de reconnaissance ou de gestion du stress vous permet de développer de nouvelles compétences qui rendront, par voie de conséquence, la cigarette obsolète. L’objectif n’est plus une privation, mais l’acquisition d’une plus grande liberté relationnelle et émotionnelle.
Comment passer de « je veux aller mieux » à un objectif concret atteignable en 8 semaines ?
L’intention « Je veux aller mieux » est le point de départ le plus courant, mais aussi le plus grand piège d’une thérapie. C’est une déclaration de souffrance légitime, mais en tant qu’objectif, elle est inutilisable. Elle ne donne ni direction, ni mesure, ni satisfaction possible. Comment saurez-vous que vous « allez mieux » ? À quoi cela ressemblera-t-il concrètement dans votre quotidien ? Sans clarification, vous naviguez à vue, et le thérapeute aussi. Pour éviter cet écueil, il est impératif de traduire cette intention floue en un ou plusieurs objectifs tangibles. La célèbre méthode SMART est souvent évoquée, mais elle reste insuffisante car trop mécanique.
Pour ancrer l’objectif dans une réalité plus humaine et spécifiquement française, où le sens et l’équilibre de vie priment souvent sur la performance pure, une approche enrichie est nécessaire. Le but n’est pas seulement d’être « intelligent » (SMART), mais d’être en résonance avec qui vous êtes. C’est pourquoi une vision adaptée, la méthode SMART-ES, prend tout son sens. Elle ajoute deux dimensions cruciales : le Sens (l’objectif est-il aligné avec vos valeurs profondes ?) et l’Écologie (quel sera l’impact de ce changement sur votre système familial, amical, professionnel ?). Ces deux lettres changent tout, car elles ancrent l’objectif dans votre réalité vécue.
Passer de « je veux aller mieux » à « je veux pouvoir prendre la parole en réunion sans sentir mon cœur battre à 180 bpm d’ici 8 semaines » est une transformation radicale. Le second objectif est spécifique, mesurable (fréquence cardiaque, ressenti), atteignable, réaliste et temporellement défini. Mais surtout, il peut être vérifié au regard du Sens (« cela me permettra d’être reconnu pour mes compétences ») et de l’Écologie (« cela ne me coupera pas de mes collègues bienveillants »). Le tableau suivant illustre comment cette méthode enrichie permet de sculpter un objectif véritablement personnalisé.
| Critère | SMART Classique | SMART-ES (Adapté France) |
|---|---|---|
| Spécifique | Objectif précis et délimité | Objectif précis + aligné avec le Sens (valeurs profondes du patient) |
| Mesurable | Indicateurs quantitatifs clairs | Indicateurs quantitatifs ET qualitatifs (ressenti, énergie) |
| Atteignable | Réaliste selon les ressources | Réaliste ET motivant intrinsèquement |
| Réaliste | Cohérent avec les capacités | Cohérent avec le système de vie global |
| Temporel | Délai fixé | Délai en phases (court/moyen/long terme) |
| +Ecologique | – | Impact évalué sur système familial et social (crucial en France) |
| +Sens | – | Résonnance avec identité et valeurs profondes |
Résultat rapide ou changement durable : quel besoin prioriser pour votre thérapie ?
Dans une société de l’immédiateté, la tentation est grande de chercher une solution « quick fix » à nos maux. L’hypnose et les thérapies brèves sont souvent perçues comme des baguettes magiques capables de résoudre un problème en une ou deux séances. Cette attente, bien que compréhensible, est le plus court chemin vers la déception. Le recours croissant aux approches alternatives, comme le montre une étude récente indiquant que plus de 56% des Français ont déjà eu recours aux médecines douces, témoigne d’un besoin profond de prises en charge différentes. Mais cette popularité alimente aussi le mythe du résultat instantané.
Il est crucial de faire la distinction entre un soulagement symptomatique rapide et un changement structurel durable. Oui, l’hypnose peut apporter un apaisement spectaculaire sur une phobie ou une douleur dès la première séance. C’est l’un de ses atouts. Cependant, si le symptôme était la manifestation d’un déséquilibre plus profond (un conflit interne, une croyance limitante, un schéma relationnel dysfonctionnel), il y a de fortes chances qu’il revienne sous la même forme ou une autre si le terrain n’est pas traité.
La question à vous poser n’est donc pas « Que puis-je obtenir rapidement ? », mais « Quel type de changement est-ce que je vise ? ». Voulez-vous simplement « repeindre sur la rouille » ou préférez-vous « traiter la carrosserie en profondeur » ? Les deux approches sont valides, mais elles n’impliquent pas le même engagement, ni la même durée. Un travail durable demande d’explorer les fondations de votre problématique, de comprendre les bénéfices secondaires de votre symptôme et de construire de nouvelles stratégies. L’efficacité de l’hypnose est d’ailleurs reconnue pour des changements profonds, comme le souligne l’INSERM.
Efficacité de l’hypnose selon les études de l’INSERM
Dans un rapport basé sur l’analyse de 52 essais cliniques, l’INSERM a évalué l’efficacité de l’hypnose. Les conclusions mettent en évidence un intérêt thérapeutique, notamment en anesthésie lors d’opérations et pour des pathologies comme la colopathie fonctionnelle. Fait important, l’étude souligne que les risques liés à la pratique de l’hypnose sont particulièrement limités, en faisant une option sûre pour les patients en quête d’approches complémentaires et durables.
L’erreur qui condamne votre thérapie : travailler sur l’objectif de votre conjoint pas le vôtre
C’est une situation fréquente et délicate : « Je viens vous voir parce que mon conjoint ne supporte plus que je fume » ou « Mes parents s’inquiètent de mon poids ». Derrière ces demandes se cache un danger majeur : l’objectif délégué. Vous ne venez pas pour vous, mais pour apaiser, satisfaire ou répondre aux attentes de quelqu’un d’autre. En acceptant de travailler sur cet objectif, vous et votre thérapeute vous engagez dans une voie sans issue. Pourquoi ? Parce que la motivation n’est pas intrinsèque. Elle est externe, conditionnelle et fragile. À la première difficulté, l’élan s’essouffle, car la récompense finale (la satisfaction de l’autre) n’est pas un moteur suffisant pour le travail personnel exigeant qu’implique un changement profond.
Un thérapeute éthique a le devoir de protéger l’espace thérapeutique comme un sanctuaire dédié à votre seul intérêt. Son alliance est avec vous, et personne d’autre. C’est le fondement même du secret professionnel, qui ne se limite pas à ce que vous confiez, mais à tout ce que le praticien perçoit.
Le secret couvre tout ce qui est venu ou vient à la connaissance de l’hypnothérapeute dans l’exercice de sa profession, non seulement ce qui lui a été confié mais aussi ce qu’il a vu, perçu, entendu, compris ou ressenti.
– Syndicat National des Hypnothérapeutes (SNH), Code de Déontologie et Charte Éthique
Ce cadre strict est votre meilleure protection. Il garantit que l’objectif est le vôtre. Mais comment en être sûr ? Il est essentiel de « décontaminer » votre demande en vous posant des questions directes et parfois inconfortables. Cet exercice de clarification est un prérequis non négociable. Si l’objectif ne survit pas à ce questionnement, ce n’est pas un échec, mais une victoire : vous venez d’éviter de vous engager dans un combat qui n’était pas le vôtre.
Votre plan d’action pour valider un objectif personnel
- Question financière : ‘Si vous deviez payer 1000€ de votre poche pour atteindre cet objectif, le poursuivriez-vous toujours ?’
- Question temporelle : ‘Depuis quand est-ce important pour VOUS, personnellement, et non pour votre entourage ?’
- Question d’origine : ‘Qui a évoqué cet objectif en premier : vous ou quelqu’un d’autre ?’
- Question d’impact : ‘Qui serait le plus déçu si vous abandonniez cet objectif, et en quoi est-ce un problème pour VOUS ?’
- Question de motivation intrinsèque : ‘Si personne ne savait que vous travaillez sur cet objectif, continueriez-vous ?’
Quand redéfinir vos objectifs thérapeutiques après 4 séances ?
Une thérapie n’est pas un chemin linéaire tracé d’avance. C’est un processus vivant, organique, qui nécessite des ajustements réguliers. L’idée de fixer un objectif au début et de s’y tenir aveuglément est une recette pour la stagnation. Un bon protocole thérapeutique inclut des points d’étape définis, et le jalon des 4 séances est souvent un excellent moment pour un premier bilan stratégique. C’est assez de temps pour avoir initié un travail, mais assez tôt pour corriger le tir sans avoir perdu trop d’énergie. Ce bilan ne consiste pas à juger si l’objectif est « atteint » ou non, mais à évaluer si la direction prise est toujours la bonne.
Pour que ce bilan soit efficace, il doit s’appuyer sur des indicateurs clairs, définis en amont avec votre thérapeute. Ces indicateurs vont bien au-delà du simple résultat principal. Ils doivent couvrir le processus, le bien-être général et la motivation. Mesurer uniquement le nombre de cigarettes fumées est réducteur. Il faut aussi évaluer l’intensité de l’envie, le niveau d’énergie, la qualité du sommeil, ou la fréquence d’utilisation des outils appris. C’est cet ensemble de données qui donne une vision complète de votre progression réelle.
Parfois, le bilan met en lumière non pas une absence de progrès, mais l’émergence d’un nouvel objectif, plus pertinent, qui était masqué par le premier. Il est aussi crucial d’être attentif aux signaux faibles de divergence. Ce sont des indices subtils qui montrent que le travail n’est plus aligné avec vos besoins profonds. La procrastination des « exercices » à faire entre les séances, une intellectualisation excessive où vous parlez de vos émotions au lieu de les ressentir, ou une stagnation des indicateurs malgré un engagement apparent sont autant de drapeaux rouges. Reconnaître ces signaux n’est pas un aveu d’échec ; c’est une information précieuse qui impose une conversation honnête pour redéfinir le cap.
| Type d’Indicateur | Exemple Concret | Échelle de Mesure | Fréquence d’Évaluation |
|---|---|---|---|
| Résultat Principal | Nombre de cigarettes fumées par jour | Nombre absolu (0-20+) | Quotidienne |
| Résultat Secondaire | Intensité de l’anxiété avant prise de parole | Échelle 1-10 | Avant chaque séance |
| Processus | Nombre d’utilisations des techniques apprises entre séances | Fréquence hebdomadaire | Hebdomadaire |
| Bien-être Énergétique | Niveau d’énergie au réveil | Échelle 1-10 | Quotidienne (moyenne hebdo) |
| Qualité du Sommeil | Qualité subjective du sommeil | Échelle 1-10 | Quotidienne (moyenne hebdo) |
| Motivation Intrinsèque | Envie de poursuivre le changement | Échelle 1-10 | Avant chaque séance |
Comment définir vos 3 objectifs thérapeutiques prioritaires avant votre première séance ?
Se présenter à une première séance de thérapie avec une idée claire de ses attentes peut transformer radicalement l’efficacité de l’accompagnement. Cela ne signifie pas arriver avec toutes les réponses, mais avoir mené une réflexion préalable. Passer du temps à clarifier ce que vous voulez changer dans votre vie est la première étape de votre engagement envers vous-même. C’est un acte qui déplace la thérapie d’une démarche passive (« soignez-moi ») à une démarche active (« aidez-moi à atteindre ceci »). Cette préparation permet d’optimiser le temps précieux de la consultation pour entrer directement dans une phase stratégique plutôt que de rester à un niveau de prise de contact superficielle.
Mais comment hiérarchiser quand tout semble urgent ou important ? Une question simple peut vous guider : « Quelle est la seule chose qui, si elle changeait aujourd’hui, aurait le plus grand impact positif sur tous les autres aspects de ma vie ? » La réponse à cette question est probablement votre objectif prioritaire n°1. Il peut s’agir de la confiance en soi, de la qualité du sommeil, ou de la gestion de l’anxiété. Les autres objectifs peuvent ensuite être classés en fonction de leur lien avec ce pilier central. L’idée n’est pas d’arriver avec une liste exhaustive, mais avec 2 ou 3 axes de travail clairs qui serviront de base de discussion.
Cette réflexion en amont est aussi un test pour vous. Si, après un temps de réflexion honnête, vous ne parvenez pas à définir ne serait-ce qu’un embryon d’objectif personnel, cela peut indiquer plusieurs choses. Peut-être que le moment n’est pas encore venu pour vous, ou que votre demande est si fortement influencée par des tiers qu’il vous est impossible de vous connecter à vos propres désirs. Un praticien responsable saura reconnaître cette situation et pourra, de manière éthique, vous orienter différemment ou vous proposer un travail préalable de clarification avant de s’engager plus loin. C’est une garantie de qualité pour vous.
Comment créer votre grille d’auto-évaluation hebdomadaire pour mesurer vos progrès ?
« Ce qui ne se mesure pas ne s’améliore pas ». Cet adage du monde de l’entreprise est parfaitement applicable au domaine thérapeutique. Sans un système de mesure, la perception de vos progrès reste subjective, soumise à votre humeur du jour ou à votre fatigue. Un jour vous aurez l’impression d’avoir fait un bond de géant, le lendemain de régresser totalement. Cette fluctuation est normale, mais elle peut être décourageante. La mise en place d’une grille d’auto-évaluation hebdomadaire, ou Tableau de Bord du Changement, est l’outil le plus puissant pour objectiver votre parcours et maintenir votre motivation.
Cette grille, que vous co-construisez avec votre thérapeute, doit être simple, rapide à remplir (moins de 5 minutes par jour ou par semaine) et personnalisée à vos objectifs. Elle doit comporter une combinaison d’indicateurs quantitatifs et qualitatifs. Par exemple, pour un objectif d’arrêt du tabac, vous pourriez suivre : le nombre de cigarettes (résultat), le nombre de fois où vous avez utilisé une technique de respiration pour gérer une envie (processus), et une note de 1 à 10 sur votre niveau de sérénité (bien-être). Cette combinaison vous donne une vision à 360° de votre évolution. Vous pourriez être surpris de voir que même si le nombre de cigarettes ne baisse pas immédiatement, votre note de sérénité, elle, augmente.
Cette pratique de l’auto-évaluation a un autre bénéfice majeur : elle vous rend acteur et scientifique de votre propre changement. Vous ne subissez plus, vous observez, vous analysez, vous ajustez. C’est une compétence fondamentale que vous développez. L’efficacité mesurable de l’hypnose est d’ailleurs démontrée dans des contextes très concrets, comme le confirme la recherche. Par exemple, un rapport de l’INSERM souligne que dans un cadre médicalisé, on observe que l’hypnose réduit la consommation d’antalgiques et de sédatifs lors d’interventions, un indicateur on ne peut plus mesurable. Appliquer cette même logique de mesure à votre propre parcours est la clé pour un changement conscient et maîtrisé.
| Indicateur | Description | Mesure | Objectif Semaine | Réalisé |
|---|---|---|---|---|
| Résultat | Nombre de cigarettes fumées | Nombre/jour | Max 5/jour | _____ |
| Processus | Utilisation technique respiration | Nombre de fois | Min 10/semaine | _____ |
| Bien-être | Note de sérénité générale | Échelle 1-10 | Moy. ≥ 6/10 | _____ |
| Énergie | Niveau d’énergie matinal | Échelle 1-10 | Moy. ≥ 6/10 | _____ |
| Sommeil | Qualité du sommeil | Échelle 1-10 | Moy. ≥ 7/10 | _____ |
| Petite Victoire | Un succès personnel de la semaine (qualitatif) | Description libre | – | _____ |
À retenir
- Le plus grand danger est de confondre votre demande de façade (le symptôme visible) avec votre besoin réel (la cause profonde).
- Un objectif n’est réellement le vôtre que s’il survit à un test de motivation intrinsèque, indépendamment du regard des autres.
- La clé d’un changement durable réside dans la co-construction d’un protocole sur-mesure et l’auto-évaluation régulière de vos progrès.
Comment l’individu co-construit son protocole thérapeutique pour des résultats sur-mesure ?
L’ère du thérapeute « sachant » qui impose un protocole standardisé est révolue. Une thérapie efficace au XXIe siècle, particulièrement en hypnose, repose sur un principe fondamental : la co-construction. Vous n’êtes plus un patient passif, mais un partenaire actif dans la conception de votre propre parcours de changement. Cette approche collaborative reconnaît une vérité simple : personne ne vous connaît mieux que vous-même. Vos ressources, vos apprentissages, votre histoire de vie sont la matière première de la thérapie. Le rôle du praticien est de vous aider à identifier, mobiliser et actualiser ces ressources pour atteindre l’objectif que VOUS avez défini.
Approche de co-construction en hypnose intégrative
L’hypnose intégrative formalise cette collaboration. Le protocole s’organise en fonction de votre dynamique personnelle et relationnelle. Le travail ne se limite pas à appliquer une technique, mais à stimuler activement l’alliance thérapeutique. Cela passe par la clarté sur la collaboration, la liberté d’expression émotionnelle, la flexibilité du cadre, et la reconnaissance que vos expériences passées sont des ressources. Le but est d’actualiser ces ressources pour qu’elles servent votre objectif présent, transformant la thérapie en un processus véritablement sur-mesure.
Cette co-construction se décline à trois niveaux stratégiques. Le premier est la co-construction de la Destination, où vous et le thérapeute clarifiez ensemble l’objectif final, en allant au-delà de la demande initiale. Le second est la co-construction de l’Itinéraire : un bon thérapeute peut vous proposer un « menu » d’approches possibles (par exemple, un travail sur les symptômes avec des métaphores ou une exploration plus profonde des causes) et vous laisser choisir celle qui résonne le plus pour vous. Enfin, la co-construction du Rythme vous permet de définir ensemble la fréquence des séances et les points d’étape, vous donnant la maîtrise du tempo de votre changement.
Cette démarche responsabilisante est au cœur de la philosophie de l’hypnose moderne. Il ne s’agit pas d’une manipulation ou d’une perte de contrôle, mais au contraire, d’une amplification de vos propres capacités à travers un jeu attentionnel impliquant votre imaginaire.
L’hypnose permet, par un jeu attentionnel impliquant l’imaginaire des patients, de revisiter la réalité et la façon dont le patient la perçoit. Ceci a pour effet de diminuer l’importance des symptômes et de développer chez l’individu des comportements inédits.
– Institut Français d’Hypnose, Définition de l’hypnose thérapeutique
En devenant co-architecte de votre thérapie, vous ne vous contentez pas de résoudre un problème. Vous apprenez à utiliser votre propre esprit pour créer de nouvelles réalités et de nouveaux comportements, une compétence qui vous servira toute votre vie.
Pour démarrer cette démarche de clarification et construire une thérapie véritablement efficace pour vous, l’étape suivante consiste à prendre ce temps de réflexion et à préparer votre première séance en utilisant ces outils.
Questions fréquentes sur la clarification des objectifs en thérapie
Pourquoi définir mes objectifs AVANT la première séance ?
Définir vos objectifs en amont permet d’optimiser le temps de consultation et de transformer la première séance d’une simple prise de contact en une véritable session stratégique. Cela permet également au praticien de préparer une hypothèse de travail adaptée à vos besoins spécifiques.
Comment hiérarchiser mes objectifs si j’en ai plusieurs ?
Posez-vous cette question : ‘Quelle est la seule chose qui, si elle changeait, aurait le plus grand impact positif sur votre vie ?’ Cet objectif devient votre priorité n°1. Les autres peuvent être classés selon leur urgence et leur importance relative.
Que se passe-t-il si je ne suis pas sûr de mes objectifs ?
C’est parfaitement normal. Les outils de questionnement présentés dans cet article servent justement à clarifier vos besoins. Si après réflexion vous n’êtes toujours pas certain, cela peut indiquer que vos objectifs sont influencés par des tiers, et c’est précisément ce point qui deviendra le premier sujet de travail avec votre thérapeute.
Le praticien peut-il refuser de me prendre en charge ?
Oui, si votre demande sort de son champ de compétences ou si les réponses à ces questionnements révèlent que vous n’êtes pas prêt ou que votre demande n’est pas personnelle. C’est un acte éthique et responsable qui vous protège. Le praticien pourra alors vous réorienter vers un professionnel plus adapté.